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Il / Derek Van Arman ; trad. de l’angl. (États-Unis) par Johan-Frédérik Hel Guedj. –  Paris : Sonatine, 2013. –  ISBN: 978-2-35584-061-6

4ème de couverture:

“La plupart des tueurs en série n’ont rien à voir avec les mythes qu’ils ont engendrés. Ils ne vivent pas isolés, au milieu des bois ou au fin fonds d’un asile. Ce sont vos propres voisins. Comme Bundy, Statler et des centaines d’autres, ce sont des individus que vous croisez aux réunions de parents d’élèves ou aux matchs de base-ball, ils prennent le bus avec vous, leurs enfants jouent avec les vôtres et ils récitent peut-être même le Notre-Père avec vous, lors de vos réunions de famille.” Ainsi parle Jack Scott, directeur du département fédéral en charge des crimes violents et spécialiste des serial killers. Lorsqu’une mère et ses deux filles sont sauvagement assassinées dans une mise en scène macabre, Jack, qui pensait avoir tout enduré, va entreprendre la chasse à l’homme la plus délicate, et la plus perverse, de sa longue carrière.

Descente vers le mal, angoissante et crépusculaire, au suspense implacable, ce thriller nous donne un aperçu d’un realisme rare sur les méthodes d’investigation de la police américaine. À tel point que l’auteur a été mis en examen par le FBI afin qu’il livre les sources lui ayant permis d’être aussi proche de la réalité. Problèmes judiciares qui expliquent pourquoi IL, paru aux États-Unis en 1992 et immédiatement devenu culte, est resté inédit en France jusqu’à ce jour.

Extrait, page 30:

Ses yeux gris perle étaient rouges et gonflés et, quand il retira son manteau, ses mains douloureuses tremblaient légèrement à cause de l’arthrite. Pressant le pas, il fit vaguement l’effort d’épousseter des peluches et de la cendre de son costume gris foncé. Rejoignant une file de gens qui entraient dans le hall de l’hôtel Sheraton, il retrouva sa contenance en consultant sa montre. Il était en retard. Il était 16h06, le 8 avril ; à cinquante-six ans, il avait la solidité d’une borne d’incendie, celle d’un homme bien charpenté, d’une taille à peine inférieure à la moyenne, qui se demandait combien d’heures son énergie le porterait, combien de temps avant qu’il ne doive retourner aux dossiers silencieux qui, chez lui, encombraient son bureau.

Il s’appelait John F. Scott. Et, tandis qu’il traversait le hall en obliquant vers les salles de réunion de l’hôtel, il se sentit vide et inapte, comme s’il avait abandonné les victimes les plus désespérées et les plus malheureuses, comme si, après avoir tenté de les ramener à la vie, il les avait laissées mourir, mourir sans relâche. À chacune de ces morts, le chagrin était aigu. Tout le chagrin était pour lui.

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